Qu'est-ce que l'épidémiologie ?

.

L’épidémiologie consiste à déterminer les liens entre une maladie (malades-non malades) ou un état de santé (décédés-vivants) et un ou des facteurs d'exposition.

Un facteur d'exposition (ou facteur de risque) est une caractéristique liée à une personne, à son environnement, sa culture ou son mode de vie et qui entraîne pour elle une probabilité plus élevée de développer une maladie.
Exemple : fumer est un facteur de risque de cancer du poumon.

L'objectif final, en épidémiologie, est de pouvoir agir sur les facteurs d'exposition pour prévenir l'apparition de la maladie, ou modifier l’état de santé.


samedi 9 février 2013

Pollution = cause de petits bébés ?

Microparticules : essentiellement issues des gaz d'échappement, du chauffage urbain (fioul, bois), de l'industrie et de la combustion de charbon (rare en France). Ces particules microscopiques (en taille inférieure au dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain) peuvent pénétrer les poumons en profondeur. Elles sont composées de centaines de substances, parmi lesquelles des métaux, des composés organiques ou des molécules cancérigènes.

Une étude internationale, publiée par la revue Environmental Health Perspectives vient de confirmer que l’impact de la pollution de l’air sur la santé a des effets sur le poids des bébés à naitre. En effet l’exposition aux microparticules atmosphérique sur les femmes enceintes augmente le risque d’accoucher d’un bébé de moins de 2,5 kg.

Les données ont été recueillies dans 9 pays (dont la France, les Etats-Unis ainsi que le Brésil) et prennent en compte près de 3 millions de naissances (fin des années 1990 et la moitié des années 2000). Selon ces données, la présence de particules fines augmenterait la probabilité d’accoucher d’un bébé faisant moins de 2,5 kg.

Source : Agoravox.fr
Pour les chercheurs de cette étude, cette pollution a des effets réels sur la santé des fœtus, effets qui restent toutefois modérés sous nos latitudes. Pour Rémy Slama, co-auteur de l'étude, responsable de l'équipe d'épidémiologie environnementale à l'institut Albert-Bonniot, à Grenoble (Inserm) :


« Le risque d'avoir un bébé de petit poids augmente de 10% quand la concentration en particules fines (mesurant moins de 2,5 microns, NDLR) augmente de 10 microgrammes/m3 »

Le fait que ces nouveau-nés présentent un faible poids à la naissance augmente le risque de maladie, de mortalité périnatale (âge gestationnel du fœtus supérieur à 28 semaines) mais également de souffrir de pathologies chroniques plus tard tel que le diabète ou les maladies cardio-vasculaires.
Même si toutes ces informations peuvent inquiéter les futures mères, les auteurs de cette étude les invitent à ne pas s’alarmer. En effet, l’impact de la pollution atmosphérique sur le poids à la naissance reste encore faible. Toujours selon Rémy Slama :

«La plupart des femmes qui vivent à proximité d'une source de pollution comme un axe routier accoucheront d'un bébé de poids normal»

La proportion des bébés nés à terme pesant moins de 2,5 kg est estimée à 2%, en France.

Rémy Slama souligne également que :

«C’est l'exposition continue et moyenne qui augmente le risque, et non pas les pics de pollution constatés à certains endroits, certains jours.»

 Il n'existe donc guère de mesures individuelles qui permettent de se prémunir contre ce risque.


Source :

lundi 4 février 2013

De nouvelles inégalités sociales dans le domaine de la santé ?

Une équipe de chercheurs de l'Inserm a récemment mis en évidence l'influence du statut socio-professionnel sur  l'impact du stress sur la pression artérielle élevée.
L'étude a été effectuée auprès de 123 000 personnes ayant réalisé un bilan dans un centre d'examens de santé conventionné par l'Assurance Maladie.

Les chercheurs ont réparti les personnes en 3 catégories socio-professionnelles :
        • les ouvriers et les chômeurs
        • les employés et professions intermédiaires 
        • les cadres et professions libérales
Image
Les individus ont répondu à un questionnaire sur leur niveau de stress et leur pression artérielle a été mesurée.

Après une analyse statistique prenant en compte les différents facteurs de risque de l'hypertension, les résultats ne montrent pas, toutes catégories professionnelles confondues, de lien entre le stress et l'hypertension.

Cependant, après une analyse plus fine, les chercheurs ont constaté que chez les personnes appartenant à la catégorie la plus élevée, le stress est corrélé de façon négative à la pression artérielle. Cela signifie que les individus appartenant à cette catégorie ont moins de risque d'avoir une pression artérielle élevée s'ils sont stressés.
A l'opposé, les chercheurs ont montré une corrélation positive entre le stress et la tension élevée chez les chômeurs et les ouvriers. 
Les personnes appartenant à cette catégorie auront plus de risque d'avoir une pression artérielle élevée si ils sont stresses. 

Même si c'est la première fois qu'une étude aussi importante montre l'influence du statut socioprofessionnel sur le lien entre le stress et une pression artérielle élevée, ce lien fait souvent débat. Il est donc impératif de se pencher  plus attentivement sur cette question.

Les inégalités sociales face à la santé sont cependant encore très présentes et dans une optique d'égalité des personnes vis à vis de cette dernière, il est extrêmement important de se pencher sur ces questions.

Sources :

jeudi 31 janvier 2013

La pilule en France: des risques mal pris en compte

En France, environ 315.000 femmes utilisaient la pilule contraceptive Diane 35 en 2012. 
Au 14 Janvier 2013, 47 cas d'effets indésirables graves (embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde, accident vasculaire cérébral...), dont 2 décès, chez des femmes de 15 à 25 ans exposées à la pilule ont été révélés par une étude du Centre Hospitalier Universitaire de Brest. Celle-ci a été effectuée sur un échantillon de 800.000 personnes, entre 1998 et 2012.
113 cas de phlébite ou d'embolie pulmonaire, dont quatre morts, ont été enregistrés avec Diane 35 dans la base nationale de pharmacovigilance depuis 1987.
Le risque lié aux pilules contraceptives est pourtant bien documenté. 
Une étude épidémiologique danoise a été publiée en octobre 2011 dans le British Medical Journal. Elle a été effectuée sur un échantillon important de 1,2 million de femmes pour évaluer les risques de thromboses veineuses liés aux pilules contraceptives quelque soit leur génération. 
Celle-ci a montré que les risques de phlébite et d'embolie pulmonaire sont multipliés par 4 chez celles qui recevaient Diane 35, par rapport aux femmes ne prenant aucun contraceptif.
Plus généralement, l'étude a montré qu'avec une dose équivalente d’éthynilestradiol (l’hormone synthétique imitant l'œstrogène la plus courante), plus la pilule est récente plus elle est risquée en terme d'accidents thromboemboliques.
Le magazine Sciences et Avenir met à votre disposition sur son site un tableau qui récapitule les risques associés à l'usage des pilules contraceptives, selon les données de cette étude. En cliquant sur le lien suivant, vous pouvez obtenir le risque associé à votre marque de pilule.


De plus, 80% des patientes de l'étude du CHU de Brest, qui ont eu des thromboses, accidents vasculaires cérébraux et embolies pulmonaires, présentaient au moins un autre  facteur de risque que la pilule contraceptive : tabac (pour la moitié des cas), tension artérielle, surpoids, antécédents familiaux, immobilité, longs voyages en voiture ou en avion, âge supérieur à 40 ans...
 
Les experts de l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) estiment que "le rapport bénéfice/risque de Diane 35 et de ses génériques est défavorable dans le traitement de l'acné, au regard notamment du risque thromboembolique veineux et artériel auxquels ils exposent les femmes traitées".

Sources : 
Article de l'étude parue dans le British Medical Journal
Article du Figaro

samedi 26 janvier 2013

Et si le lait maternel rendait plus intelligent ?

Depuis longtemps, on sait que le lait maternel est une source de bienfaits pour le bébé. En plus de rendre le nourrisson plus résistant aux infections, ce lait favoriserait un développement psychomoteur plus rapide chez le jeune enfant.
Suite à l'étude de la cohorte EDEN, une équipe INSERM vient de publier ses résultats concernant ce phénomène. 

EDEN
Créée en 2003, cette cohorte est constituée d'enfants issus de la population générale. Avec plus de 2 000 femmes enceintes, le but de cette cohorte est d'identifier des déterminants ayant un impact sur le développement et la santé des enfants, pendant leur vie embryonnaire et après la naissance.
A la sortie de la maternité, 70% des enfants étaient allaités et 35% après 4 mois. 

L'étude
Les chercheurs ont demandé aux parents  de repérer des mots prononcés par leurs enfants âgés de 2 ans de façon spontanée parmi une liste de 100 mots. A l'âge de 3 ans, l'équipe a évalué les capacités des enfants à accomplir certaines tâches (s'habiller tout seul, tracer un cercle, tenir un crayon...). 
A la suite des questionnaires, deux scores ont donc été obtenus.

Les résultats
Après analyse, il s'est avéré que les enfants allaités prononcent davantage de mots à l'âge de deux ans que ceux qui ne l'ont pas été. De même, à l'âge de 3 ans, le développement cognitif global serait meilleur pour les enfants allaités.  
Les filles d'EDEN prononcent en moyenne 9 mots de plus que les garçons à l'âge de deux. 
Néanmoins, l'équipe constate que la différence entre les enfants allaités et ceux qui ne le sont pas est faible mais significatif. 

Plus l'allaitement dure, meilleurs sont les résultats
Dans cette étude, les chercheurs ont observé une relation linéaire entre la durée de l'allaitement et les performances de l'enfant. Ainsi, les résultats sont meilleurs chez les enfants allaités longtemps. Ils le sont encore plus lorsqu'il s'agit un allaitement exclusif.

Une hypothèse biologique explique ces résultats. Le lait maternel est riche en acide gras essentiel, oméga 3 et oméga 6. Ces éléments sont indispensables au développement cérébral. 

Par la suite, l'équipe va étudier si les différences observées vont persister tout au long de l'enfance.

Source : 



lundi 14 janvier 2013

Enfants mal nourris = troubles du comportement ?

Insécurité alimentaire : accès restreint, inadéquat ou incertain à des aliments sains et nutritifs

Régulièrement les professionnels de la petite enfance dénoncent les effets de la « malbouffe » (obésité, diabète, déséquilibre nutritionnel…). En effet, en dehors des conséquences sur la santé physique des enfants, leur santé mentale peut également être touchée. 
 
Pour des chercheurs de l’INSERM, la mauvaise nutrition aurait également un aspect moins identifié, l’insécurité alimentaire. Elle serait associée à une probabilité trois fois plus élevée de présenter des symptômes d’hyperactivité ou d’inattention au cours de l’enfance. 
 
Suite à l’étude d’une cohorte représentative au Québec (2120 enfants nés entre 1997 et 1998, suivis fréquemment jusqu’à l’âge de 8 ans), l’équipe dirigée par Maria Melchior est arrivée à ce constat inquiétant. Les chercheurs ont analysé le lien entre l’insécurité alimentaire (quand les enfants avaient entre 18 mois et 4 ans et demi) et leur comportement (entre 4 ans et demi et 8 ans).

http://www.20min.ch
De cette analyse, il en ait ressorti que 5,9% des enfants suivis connaissaient une situation d’insécurité alimentaire dans la petite enfance. On remarque également que d’autres facteurs rentrent en jeu (niveau de revenus des familles, famille monoparentale, antécédents parentaux de psycho-pathologie, comportements négatifs des parents envers l’enfant…).

Quels sont les dispositifs de l’insécurité alimentaire pour influencer le comportement des enfants ? Selon les chercheurs de l’INSERM, il existe plusieurs hypothèses : « L’incapacité des parents à s’occuper de façon régulière et satisfaisante de l’alimentation de la famille pourrait fragiliser le lien parents-enfant dans la petite enfance, avec des effets sur le développement à long terme. »

Mais une faible consommation de produits frais contre une forte consommation d’aliments riches en sucres et en graisses pourrait également être en cause. « Chez certains enfants les carences nutritionnelles, particulièrement en fer, ainsi que l’excès de sucre pourraient se manifester par un comportement hyperactif et inattentif. »
 
Améliorer l’alimentation des enfants, ce n’est pas seulement veiller à leur santé physique :  
« La diminution de l’insécurité alimentaire dans les familles pourrait contribuer à réduire la fréquence de difficultés de comportement chez les jeunes enfants ».

Source :

samedi 12 janvier 2013

Une nouvelle cible thérapeutique pour lutter contre l’anorexie ?

Avec une prévalence de 0,5 %, l'anorexie est un trouble majeur de notre société actuelle.
C'est une maladie essentiellement féminine dont l'issue peut être tragique et fatale (suicide, faiblesse suite au manque de nourriture).

L'association entre hyperactivité et anorexie a été longtemps perçue comme une attitude intentionnelle de la personne malade visant à perdre le plus de calories possible.

Des chercheurs de l'Unité Inserm 661 à Montpellier viennent de démontrer qu'une anomalie moléculaire serait associée à l’anorexie mais serait également impliquée dans l’hyperactivité. 
                                                                                      fotolia.com
Cette découverte, surprenante, permet d’expliquer l'association entre l'anorexie et l'hyperactivité.

Pour conclure à cette association, l'unité a utilisé des souris capables de s’auto-priver d’aliments.                      
                                                                                                          
Ils ont constaté une anomalie moléculaire au niveau de la région du cerveau impliquée dans la récompense. 
Cette anomalie correspond à la sur expression du récepteur 5-HT4 à la sérotonine.
Or, chez ces animaux, la même anomalie est également responsable d’hyperactivité.

L'existence de points moléculaires communs entre l'anorexie et l'hyperactivité est une première dans l'approche épidémiologique. 

C'est une véritable avancée qui est présentée dans cet article, les chercheurs pourront se pencher plus particulièrement sur le récepteur 5-HT4 à la sérotonine pour pouvoir lutter contre ces troubles.


Sources :

mercredi 2 janvier 2013

Peut-on perdre ses dents en mangeant trop gras ?

C'est prouvé.

L'équipe de Rémy Burcelin et du docteur Vincent Blasco de l'Inserm a montré qu'une alimentation riche en graisses augmente le risque de parodontite, c'est-à-dire l'inflammation du parodonte, le tissu de soutien des dents. Cela peut alors conduire au déchaussement, voire à la chute des dents.

 L'étude a été menée sur des souris soumises soit à un régime normal soit à un régime très riche en graisses pendant 4 semaines. Leurs métabolismes et leurs gencives ont été analysés.

Ainsi les chercheurs ont pu montré qu'une alimentation très grasse modifie la composition de la flore bactérienne intestinale, en sélectionnant notamment des bactéries pathogènes comme Fusobacterium nucleatum ou Prevotella intermedia
Ces bactéries provoquent une inflammation locale, au niveau des gencives ou de l'intestin. Elles pénètrent et circulent dans le sang en engendrant du diabète de type 2, première cause de cécité chez les 20-65 ans.

De plus ces inflammations locales sont en partie contrôlées par les œstrogènes, hormones présentes chez les hommes et en plus grande quantité chez les femmes. Ces hormones réguleraient le système immunitaire local.

« Nos travaux confirment l’importance de la composition de la flore bactérienne dans la régulation du système immunitaire au cours de l’apparition de maladies métaboliques » explique le chercheur Rémy Burcelin. « Pour prévenir ces risques, il est nécessaire de préserver une flore extrêmement diversifiée, que ce soit au niveau de la peau, de la bouche ou de l’intestin. Plus celle-ci est variée, plus l’immunomodulation est éduquée, plus elle est efficace contre l’inflammation et les maladies associées.»
Le chercheur conclut enfin sur de précieux conseils : « Cela passe par une alimentation très diversifiée, un usage modéré des antibiotiques et une hygiène raisonnable ».

Ces conseils sont d'autant plus importants sachant que les maladies parodontales augmentent le risque de maladies cardio-vasculaires, d'affections pulmonaires et d'accouchement prématuré. 


Sources:
 

dimanche 30 décembre 2012

Attention à vous : la grippe est de retour !

Comme pour chaque année, l'épidémie de la grippe revient mais cette fois-ci avec 2 mois d'avance (par rapport à la dernière épidémie de février 2012).

La semaine dernière (semaine du 17 au 23 décembre 2012), 204 cas pour 100.000 habitants ont été recensés par le Réseau Sentinelles. 
Avec l'augmentation du nombre important de cas et le dépassement du seuil épidémique (174 cas pour 100.000 habitants) l'épidémie de la grippe pourrait donc être confirmée. 

Le pic serait atteint dans 4 à 5 semaines,quand à l'épidémie, elle resterait pendant 8 à 10 semaines. Selon les GROG (Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe), trois types et sous-types de grippe A(H1N1), A(H3N2) et B sont présents.


On note au niveau régional les incidences les plus élevées en Champagne Ardenne (682 cas pour 100 000 habitants), Nord – Pas-de-Calais (475), Poitou-Charentes (347), Aquitaine (298) et Provence - Alpes - Côte d’Azur (190). L'âge médian était de 26 ans parmi les personnes atteintes la semaine dernière

 Un projet permettant de surveiller la grippe


Les personnes de plus de 18 ans peuvent participer à la surveillance de la grippe. Il suffit de s'inscrire sur le site GrippeNet.fr. Chaque semaine, les personnes inscrites recevront un questionnaire à remplir portant sur une liste de symptômes simples. Une fois envoyé, le questionnaire sera analysé. 
Depuis 2 ans, ce système de surveillance a été mis en place dans le cadre du projet européen Epiwork. La surveillance et la modélisation des épidémies sont les principaux objectifs de ce projet. 


 Rappel sur les gestes simples pour limiter la transmission de la grippe
 
Dès les premiers symptômes, il est recommandé aux malades de :
  • limiter les contacts avec d’autres personnes et en particulier celles qui sont à risque* ou fragiles;
  • se couvrir la bouche et le nez à chaque fois qu’ils toussent ou éternuent ;
  • se moucher dans des mouchoirs en papier à usage unique puis de se laver aussitôt les mains ;
  • se laver les mains le plus possible à l'eau et au savon ou utiliser la SHA : Solution Hydro-Alcoolique.

* Les personnes à risque sont les nourrissons ainsi que les sujets âgés de plus de 65 ans, et celles souffrant de certaines maladies chroniques, respiratoires et cardiaques.


Sources : 
Réseaux Sentinelles
Science et Avenir 
Le Figaro

mardi 18 décembre 2012

Augmentation chez les femmes des infarctus du myocarde

7,4%

C’est le pourcentage de diminution du nombre de personnes hospitalisées pour infarctus du myocarde (muscle épais et creux se contractant de manière rythmique au niveau du cœur), en 6 ans. On remarque cette baisse surtout chez les hommes, peu importe leur âge, et chez les personnes de 65 ans et plus. On observe  en revanche une augmentation inquiétante chez les femmes qui ont entre 35 et 54 ans.

La France connait une baisse assez importante de la mortalité coronaire (maladie cardiaque la plus courante), 44% entre 1990 et 2008. Deuxième cause de mortalité après les cancers, les infarctus par myocarde ont fait 38 072 décès en 2008 (selon les données du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès). Plusieurs organismes de santé (CPAMTS de Paris, hôpital européen Georges Pompidou et Institut de Veille Sanitaire)  ont donc examiné les données nationales du PMSI-MCO (Médecine Chirurgie Obstétrie) pour les années 2002 à 2008. Cette examination a pour objectif  d'actualiser les taux d'hospitalisation pour infarctus du myocarde ainsi que les tendances en fonction de l'âge et du sexe.

Les résultats de cette actualisation ont montré une incidence nettement plus élevée de l'infarctus du myocarde en 2008, avec 56 102 personnes hospitalisées. Dans les deux-tiers des cas, soit 37 200, il s’agit d’hommes et dans 60% des cas il s’agit de personnes de plus de 65 ans. La baisse du nombre d’hospitalisations pour infarctus est de 7,4%, ce qui masque une forte disparité selon l’âge (hausse chez les moins de 65 ans : 3,6%).

La baisse du nombre d’hospitalisations au cours de la période observée est de 17,2%, si l’on tient compte de l’âge et du vieillissement de la population. Cette baisse est plus marquée chez les seniors : -22.4%. En revanche chez les moins de 65 ans, cette tendance ne concerne que les hommes et est beaucoup moins importante : -10,2%. En effet les hospitalisations pour infarctus ont augmenté de 6,7% chez les femmes de moins de 65 ans. Ce phénomène peut être attribué à la progression de 3 facteurs de risque dans la population féminine :
  • Le tabagisme
  •  L’obésité
  •  Le diabète
La mortalité intra-hospitalière varie également selon l'âge des patients, entre 1,6 % (avant 45 ans) et 22,4 % (après 85 ans), avec une moyenne de 8,1 %. Elle a diminué de 22,8% entre 2002 et 2008 dans toutes les classes d'âge. Là encore, les femmes ont moins de chance que les hommes, affichant pour chaque tranche d'âge une plus forte mortalité. Les auteurs l'expliquent par une "présentation clinique plus souvent atypique pour les femmes, [ce qui] induit un retard à la prise en charge". 


Le saviez-vous ?
Les femmes sont persuadées qu'elles mourront d'un cancer du sein et non d'une maladie cardiovasculaire ; or, la mortalité par maladie cardiovasculaire est 7 fois plus élevée que par cancer du sein.
La plupart des femmes se croient protégées par leurs hormones.
S'il est plus fréquent chez les hommes avant 65 ans, l'infarctus du myocarde touche ensuite autant les femmes.


Sources :

lundi 3 décembre 2012

Les fibres : bonnes pour la santé

La consommation de fibres, que l'on trouve dans les céréales complètes (blé, riz...), les légumes secs ainsi que les fruits et légumes, diminuerait le risque de certaines maladies : les maladies cardiovasculaires, le cancer colorectal, le diabète et l'obésité.

C'est ce qu'a révélé un bilan de l'étude NutriNet-Santé : une étude dite de cohorte portant sur une large population, qui est ici de 500 000 internautes, suivie pendant au moins 5 ans. Elle est coordonnée par l'Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (UREN) (Inserm, Inra, CNAM, Université Paris 13) .
Cependant, l'étude montre grâce aux témoignages de centaines de milliers d'internautes volontaires, que les français, et surtout les françaises, consomment insuffisamment de fibres alimentaires. Seuls 22% des hommes et 12 % des femmes ont l'apport minimum recommandé en fibres, qui est de 25g/j. Or la consommation de fibres devraient être préférentiellement de 30g/j, ce qui ne concerne qu'une très faible minorité des internautes de l'étude.
La consommation régulière de fibres permettrait de réduire la mortalité de 22%. Pour le Pr Serge Hercberg, directeur de l'UREN, ce constat est "préoccupant sur le plan de la santé publique".

Les légumes secs, les pâtes complètes ou le riz complet sont trop peu consommés en France. La consommation de pain complet serait aussi une solution pour remédier à ce problème.
Comme dans beaucoup d'études en rapport avec la santé, on retrouve ici des inégalités sociales : cette étude révèle aussi que les apports en fibres augmentent avec l'âge et le revenu. Par exemple les jeunes non diplômés seraient très concernés par cette consommation insuffisante de fibres.

Consommer plus de fibres et ce, régulièrement, serait donc un judicieux conseil pour garder une bonne santé.


Sources:

jeudi 29 novembre 2012

Les lipides : pas si mauvais chez le jeune enfant!

Les lipides consommés en trop grande quantité à l'âge adulte sont à l'origine de nombreuses maladies, comme l'obésité. 

Alors qu'ils sont accusés de nombreux maux, une étude récente a démontré qu'ils pouvaient être bénéfiques chez les enfants de moins de 2 ans

En effet, une équipe de l'Inserm a récemment établi un lien entre la restriction de lipides avant l'âge de 2 ans et le risque de surpoids à l'âge adulte


Les chercheurs ont suivi pendant 20 ans des enfants nés entre 1984 et 1985 en étudiant leur masse graisseuse (le taux de leptine, la composition corporelle, la graisse sous-cutané et le poids). 
De l'analyse de cette cohorte en est ressorti que la masse grasse était plus importante au niveau abdominal chez les personnes ayant eu de faibles apports en lipides au début de leur vie. 

Un organisme privé de graisse nécessaire au bon développement de l'enfant aura des difficultés à s'adapter à un apport de lipides plus important dans l'avenir. 
En effet, l'organisme se sera habitué à un apport réduit en lipides ce qui explique la prise de poids future.
Il est recommandé par la FAO (Food and Agriculture Organization) d'avoir des apports en lipides dépassant les 50% des apports quotidiens chez les nourrissons de 6 mois et de décroître progressivement jusqu'à 35% à l'âge de 2 ans.
Un allaitement maternel est idéal puisqu'il contient 55% de lipides.

Ces travaux vont à l'encontre du mode de consommation actuel, usage de laitage allégé en graisse, qui conduit à donner des apports faibles en lipides chez l'enfant au début de sa vie et d'augmenter ensuite.

Sources : 
Article Inserm

vendredi 23 novembre 2012

Infections nosocomiales : sensibilisations par le patient ?

48 heures

C'est le délai minimum pour développer une infection nosocomiale. Il s'agit d'une infection contractée par le patient après son admission dans un établissement de santé.

Une étude a été publiée dans la revue Infection Control and Hospital Epidemiology de la Society for Healthcare Epidemiology of America. Elle souligne la nécessité de responsabiliser le patient pour améliorer l'hygiène des mains du personnel soignant.

En effet, dans l'urgence, un professionnel de santé peut oublier de se laver les mains, avant ou après les actes médicaux. Selon cette étude, la plupart des patients à risque élevé d'infections associées aux soins (IAS) souhaiteraient que les professionnels de santé pensent toujours à se laver les mains. 

Des chercheurs de l'Université du Wisconsin ont posé des questions sur l'hygiène des mains, via un questionnaire, à 200 patients :
  • des patients à risque élevé ou avec antécédents d'infections au staphylocoque doré (responsable d'intoxications alimentaires) résistant à la méticilline (antibiotique essentiellement utilisé contre le staphylocoque doré) ou clostridium difficile (bactérie)
  • des patients qui présentaient un risque d’infection du sang associée à une infection du site opératoire
L'objectif de cette étude est de connaître l'opinion des patients à propos de la pratique actuelle des professionnels de la Santé et sur la volonté des patients d'inciter les professionnels de la Santé au lavage des mains.

Il en est ressorti que 99,5% des patients savent que les professionnels de la Santé sont censés se laver les mains avant et après les soins. On peut voir aussi que 90,5% des patients pensent qu'ils doivent rappeler le lavage des mains à ces professionnels, en cas d'oubli. Seulement 64% des patients se sentent à l'aise de rappeler le lavage des mains aux infirmières contre 54% aux médecins. Au final, 14% des patients déclarent avoir rappelé aux professionnels de se laver les mains.

En conclusion, l'étude démontre que les patients ont généralement une bonne connaissance des impératifs de lavage des mains dans les soins. Malheureusement, ces même patients ont une certaine incapacité à se sentir à l'aise pour le rappeler au personnel de santé en cas d'oubli.

Pour Andrew Ottum, auteur principal de l'étude, le patient ne devrait pas être oublié comme agent incitateur possible des interventions d'hygiène et de prévention des IAS.


Source :
Article original

Les OGM : la révélation d'un risque sanitaire ?


Un maïs génétiquement modifié, nommé « NK603 » et commercialisé par la firme Monsanto, a été soupçonné de toxicité.
Un étude sur cet OGM a été conduite par le biologiste Gilles-Eric Séralini de l’Université de Caen. Elle a testé  les effets d'un régime alimentaire composé de trois doses différentes du maïs transgénique (11 %, 22 % et 33 %), cultivé ou non avec l’herbicide « Round-Up » auquel il est rendu tolérant, sur plus de 200 rats  pendant deux ans.
9 groupes de 20 rats ont été comparés à un groupe témoin, nourri avec la variété de maïs non transgénique la plus proche de l'OGM testé, sans traitement à l'herbicide :
  • 3 groupes avec OGM 
  • 3 groupes avec OGM et son herbicide « Roundup »
  • 3 groupes avec  des doses croissantes du « Roundup » seul
Au bout d’un an, chez les mâles, par rapport aux témoins, les congestions et les nécroses du foie sont 2,5 fois à 5,5 fois plus fréquentes. Ces derniers souffrent également 1,3 fois à 2,3 fois plus d'atteintes rénales sévères.
Jusqu’à 50 % des mâles et 70 % des femelles sont morts prématurément (selon l’espérance de vie moyenne des rats) dans des groupes nourris avec l'OGM, contre 30 % des mâles et 20 % des femelles chez le groupe témoin.
La construction génétique de l'OGM entraînerait la modification d'une enzyme (dite ESPS synthase) impliquée dans la synthèse d'acides aminés aromatiques qui ont un effet protecteur contre la cancérogénèse.
Le Round-Up, quant à lui, pourrait se comporter comme un perturbateur du système hormonal, provoquant dans l’étude, plus de cancers chez les femelles que chez les mâles.

Cette étude a été publiée le 19 septembre 2012 dans la revue spécialisée en toxicologie et reconnue dans son domaine : Food and Chemical Toxicology. Elle a relancé l'affrontement entre pro et anti-OGM. Jusque là, de nombreuses études de toxicologie menées sur différents OGM ne montraient pas de différences significatives et portaient sur moins de 2 ans. De plus, elles étaient en majorité financées par les firmes agrochimiques elles-mêmes.
Les travaux de M. Séralini d’un budget de plus de 3 millions d'euros ont, pour leur part, été financés par le ministère français de la recherche, la  Fondation Charles-Léopold Mayer, le CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique) et l'association CERES (Consommateurs et Entreprises RESponsables), avec le soutien d’entreprises de la grande distribution (Carrefour et Auchan).

L' Agence Nationale de SEcurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail française (Anses) ainsi que ses homologues européennes, et le  Haut Conseil des biotechnologies (HCB) ont jugé les résultats du biologiste français non concluants. Le nombre de rats par groupe (20) a été notamment jugé trop faible pour apporter des valeurs significatives statistiquement.   

Cependant l’Anses et le HCB appellent à tester dorénavant à long terme ces substances, ce qui n’était pas exigé jusqu’alors et qui est, pour M. Seralini, un point positif et attendu depuis plusieurs années.

Remarques :
Notons que les études épidémiologiques ne sont possibles que si les OGM sont étiquetés (donc suivis).
Le film intitulé « Tous cobayes ? » sorti le 26 septembre 2012, correspondant en partie au livre de M. Séralini, traite des OGM et du nucléaire.